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Bonne lecture à vous, espérant qu'elle vous sera plaisante.

vendredi 30 mai 2014

Européennes : exposé d'une traîtresse aux valeurs de la France

PATRIOTES, DISENT-ILS ?

"Le général De Gaulle était-il plus courageux que ne l'était le Maréchal en zone occupée ? Ce n'est pas sûr." (Jean-Marie Le Pen, 1996)
 




"UNE PEINE POUR LE DÉLIT COMMIS, UNE PEINE POUR LA TRAHISON"
La candidate du FN s'est aussi prononcée pour le retour de "la double peine" via un "accord avec les pays surreprésentés dans les prisons pour que les peines de leurs ressortissants soit purgées dans leur pays d'origine, sans espoir de retour." "Les délinquants étrangers n'ont aucun droit au retour ! Double peine ? Eh bien peut-être. Une peine pour le délit commis, une peine pour la trahison [envers le pays d'accueil]", a asséné Mme Le Pen.




Concernant l'immigration, Marine Le Pen s'est ensuite déclarée en faveur du retour à la politique d'assimilation. "Cette règle de l'assimilation sera une condition sine qua none pour quiconque demanderait la naturalisation, a-t-elle affirmé. En France, on se soumet à la culture française (...). Je veux que l'on impose aux migrants à s'adapter à nos codes et nos valeurs. Des cours de Français pour les parents qui maîtrisent mal notre langue seront obligatoires (...)". Il faudra en outre "un casier judiciaire vierge, une très bonne maîtrise de notre langue, un mode de vie conforme à nos coutumes et à nos valeurs républicaines, une éducation sans faille à ses enfants, un respect et un amour du pays qui vous a accueilli".

 


"La Déclaration des droits de l'Homme marque le début de la décadence de la France" (Jean-Marie Le Pen, 26 août 1989)


"Oui, il y a inégalité des races, comme il y a inégalité des civilisations, je persiste et signe […]. Sans inégalité, la France ne serait pas la France." (Déclarations de Jean-Marie Le Pen le 12 octobre 1996, devant deux cents personnes dans un salon de l’hôtel Lutetia)


La France... ?



Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 1789



Article premier

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. 


Article II

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression


(...)

Article VI
La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
 


"En France, on se soumet à la culture française"...



***



 

Le clash Front (national) contre Front (de gauche) se joue aussi dans les tribunaux. Ce jeudi 3 avril, celui de Béthune (Nord-Pas-De-Calais) a condamné Marine Le Pen à une amende de 10 000 euros dans l’affaire des faux tracts contre Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon, le leader du Front de gauche, était parti à la conquête des terres de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, dans le Nord-Pas-de-Calais. L’affrontement avait fait quelques étincelles. A l’occasion de cette campagne hyper-médiatisée, des faux-tracts avaient été distribués par des militants frontistes.

***

Caroline Fourest et Fiammetta Venner, poursuivies par le FN pour l'un de leurs ouvrages

Dans cette affaire, le FN a beaucoup communiqué… avant le procès. En promettant de nous faire condamner lourdement. En faisant même pression — sous prétexte du procès en cours — pour que Caroline Fourest ne soit plus invitée face à des membres du FN sur des plateaux de télévision. Preuve que Marine Le Pen n’est pas son père, certains animateurs ont d’ailleurs cédé à ces pressions pendant la campagne







"Ils doivent en être à trois bouteilles de rhum et 800 pétards, ce qui évidemment n'aide pas à la sérénité!"



Marine Le Pen, le 8 février 2012, à propos des manifestants l'attendant à sa sortie de l'aéroport de la Réunion.




la présidente du FN a déroulé sa vision de l'école. Une école basée sur l'anti-Mai 68, de l'aveu même de la candidate, où régnerait donc "l'autorité du maître", où l'enseignement serait celui, "classique, des savoirs fondamentaux". Elle a vigoureusement condamné une "école dévoyée", "l'enseignant [est] transformé en animateur quand il a la chance de ne pas avoir un rôle de gardien d'une bande de sauvages".












Le bilinguisme régional dans les provinces justifiera demain la signalétique en arabe en Seine-St-Denis et dans les quartiers pour mieux légitimer et installer demain une France en peau de léopard.















"À partir du moment où l’immigration arrive de manière massive, elle arrive, bien sûr, avec des mœurs, avec des codes, avec des cultures qui sont différentes des nôtres et qui représentent dans bien des quartiers un véritable bouleversement. S’ensuivent des revendications qui visent en réalité à changer notre pays, à en changer les lois, à en changer les réflexes et donc à avoir une influence directe sur ce qui fait l’identité nationale. », Marine Le Pen

(notons que le FN parle de lutte anti-islamisme, et non "anti-islam"...mais alors quel est le rôle du drapeau algérien ici ? Question à poser à Marine Le Pen)



« Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'Occupation (…) C'est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s'applique, c'est une occupation. Certes y'a pas de blindés, y'a pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants », a déclaré Marine le Pen en décembre 2010 lors d’une réunion publique à Lyon.




  ***


Constitution de la Ve République française
ARTICLE PREMIER.
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales.

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Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle, a affirmé lundi qu'elle prendrait la décision de dérembourser l'avortement en cas de besoins budgétaires, pour privilégier les actes médicaux "qui ne peuvent pas être évités".

Marine Le Pen a expliqué que le FN entendait surtout mener une "grande politique incitative à la natalité" pour que les femmes "puissent avoir l'enfant supplémentaire qu'elles veulent avoir ou conserver l'enfant qu'elles portent et que, souvent pour des raisons économiques, elles ne peuvent pas conserver".

"Nous pensons que cette grande politique-là est susceptible de faire baisser beaucoup le nombre des avortements", a-t-elle dit.



Dans son programme pour la présidentielle de 2002, Jean-Marie Le Pen écrivait que "les lois sur l'IVG seront abrogées". Il estimait alors que l'interruption volontaire de grossesse est le "symbole de la culture de mort dans laquelle se complaisent nombre de dirigeants européens".

"Ce sont les femmes qui utilisent l'avortement comme un moyen de contraception, il y a des femmes qui font deux, trois, parfois quatre avortements. Ca existe ! Pourquoi se cacher la réalité ?", a-t-elle dit, déclenchant quelques huées.
La dirigeante du FN a affirmé que Simone Veil, qui a fait adopter la loi dépénalisant l'avortement, promulguée en 1975, destinait l'avortement aux femmes dans le plus grand dénuement et n'envisageait pas un "avortement de confort".




 ·  "Il faut qu'il y ait une autorité, et nous pensons que l'autorité la plus qualifiée dans un ménage est celle de l'homme" (Jean-Marie Le Pen, 1979)






« SI tu veux un militantisme gay, il est clair que tu ne trouveras pas ce que tu veux au FN. Je dirai même que tu n'y auras pas ta place. Si tu mets avant tout en avant ton projet politique global, sans prendre en compte ton homosexualité comme étant le fer de lance de ton combat, alors tu es le bienvenu au FN car, comme me l'a personnellement dit Marine Le Pen, "il n'y a pas de police de la braguette au FN" et ce qui se passe sous les draps des gens ne regardent qu'eux-memes.
En revanche, il est évident qu'il y a beaucoup d'extremistes au sein des militants et que tu peux etre mal vu par beaucoup de gens très extremes, voire très violents. Ne nous leurrons pas, il y en a. De meme que les cathos soutenant B. Gollnisch, bien que tenant ce langage du " on s'en moque, ça ne nous regarde pas", ne voient pas cela d'un bon oeil. Il y a au fond d'eux, une vision de décadence de la société française à laquelle l'homosexualité participe.

C'est bien pour cela que je ne soutiens pas cette frange du parti.

Marine Le Pen me semble bien plus tolérante dans ce sens où elle est plus jeune et plus moderne. Attention, il ne s'agit pas pour elle d'accepter l'adoption ni meme le mariage gay. Elle y est farouchement opposée au nom d'une conception du caractère sacré de la famille.
(…)
les homophobes n'ont pas de parti attitré : il y en a tout autant au PS qu'au FN ou ailleurs. La question vient juste de leur plus grande prise en compte ou non dans le projet politique. Si tu veux que l'homosexualité soit un enjeu, alors il faut s'encarter à gauche, même s'il y a une grande hypocrisie. Si tu penses que l'homosexualité est un fait privé qui ne regarde personne, alors, ma foi, tu peux parfaitement concilier cela avec le FN.
La haine et l'intolérance n'ont pas de limites et tu pourras rencontrer autant de problèmes au FN qu'au PS (je pense notamment au milieu ouvrier très peu ouvert à ce sujet et se répartissant surtout entre le PS et le FN) »

  
"L'homosexualité n'est pas un délit, mais elle constitue une anomalie biologique et sociale." (Jean-Marie Le Pen,13 février 1984)

"Le sidaïque est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact".
Jean-Marie Le Pen, 1987

"On a refusé de dire quels sont les modes préférentiels de contagion de cette maladie. Et bien, ayons le courage de dire que c’est d’une part la sodomie à 80%, et d’autre part, l’usage de la drogue à 17 %"
Jean-Marie Le Pen, L’Heure de vérité, 6 mai 1987

"[Le Sida est] une maladie hautement contagieuse, rendue d’autant plus dangereuse par la perméabilité de nos frontières [...]. On est obligé de constater que c’est un méfait supplémentaire de l’immigration qui a conduit ce fléau chez nous."
Jean-Marie Le Pen, Le Monde, 10 janvier 1987


"L'homosexualité est un problème de vie personnelle [...] Nous n’intervenons pas dans ce domaine. Il n’y a aucun problème au sein de notre mouvement dans ce domaine."
Jean-Marie Le Pen, Exit, 15 février 1995

"Il y a peut-être des homosexuels, mais il n'y a pas de folles au FN ! Les folles on les envoie se faire voir ailleurs !"
 
Jean-Marie Le Pen, à l'AFP le 2 septembre 1995 après la mort de Jean-Claude Poulet-Dachary

"L'homosexualité fait partie de la liberté de chacun, simplement l’homosexualité militante est condamnable"
Jean-Marie Le Pen, Exit, 15 septembre 1995



"L'activisme homosexuel fait peser une menace mortelle sur notre civilisation" et fait partie d'une "atmosphère de désagrégation des disciplines sociales et humaines [...] Il faut sanctionner le prosélytisme homosexuel ". Jean-Marie Le Pen ajoute, " le plus grave péril qui menace la terre, c'est la dénatalité du monde occidental affrontée à la surnatalité du tiers-monde. De ce fait, j'estime que l'homosexualité nous conduit, si elle se développe, à la disparition du monde."





"J'aime mieux mes filles que mes cousines, mes cousines que mes voisines, mes voisines que des inconnus et les inconnus que des ennemis." Jean-Marie Le Pen







L’Etat doit être fort et doit faire respecter son identité en rappelant aux nouveaux arrivants qu’ici nous sommes en France, pays laïc aux racines chrétiennes.
(FN du Gard)




Nos racines chrétiennes, rappel :

Parabole du bon Samaritain (Luc 10.25-37) - qui est mon prochain ?

25 Un professeur de la loi se leva et dit à Jésus pour le mettre à l'épreuve: «Maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle?»
26 Jésus lui dit: «Qu'est-il écrit dans la loi? Qu'y lis-tu?»
27 Il répondit: «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même.»
28 «Tu as bien répondu, lui dit Jésus. Fais cela et tu vivras.»
29 Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: «Et qui est mon prochain?»
30 Jésus reprit la parole et dit: «Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s'en allèrent en le laissant à moitié mort.
31 Un prêtre qui, par hasard, descendait par le même chemin vit cet homme et passa à distance.
32 De même aussi un Lévite arriva à cet endroit; il le vit et passa à distance.
33 Mais un Samaritain qui voyageait arriva près de lui et fut rempli de compassion lorsqu'il le vit.
34 Il s'approcha et banda ses plaies en y versant de l'huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
35 Le lendemain, [à son départ,] il sortit deux pièces d'argent, les donna à l'aubergiste et dit: 'Prends soin de lui, et ce que tu dépenseras en plus, je te le rendrai à mon retour.'
36 Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands?»  
37 «C'est celui qui a agi avec bonté envers lui», répondit le professeur de la loi. Jésus lui dit [donc]: «Va agir de la même manière, toi aussi.»



Lors d'un cocktail de presse [Jean-Marie Le Pen] a échangé avec le maire FN de Cogolin (Var) Marc-Etienne Lansade et détaillait les problématiques qu'il allait développer dans son discours: la surpopulation, et le «risque de submersion de la France par l'immigration». Jean-Marie Le Pen s'est voulu optimiste: «Il n'est jamais trop tard, mais il est bien trop tard quand même», a-t-il estimé. Avant d'ajouter: «Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois». (mai 2014)

Interrogée, la présidente du FN a tenté d'expliquer: «Ces propos ont été dénaturés, il ne parlait pas d'immigration, il ne parlait pas de la démographie africaine, il parlait de la démographie mondiale». (mai 2014)

"Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale." (Jean-Marie Le Pen, 13 septembre 1987)

"Hiroshima est un détail de l'histoire aérienne de la guerre" (Jean-Marie Le Pen, 18 septembre 1987)


Monsieur Jean-Marie Le Pen, tête de liste aux européennes du 25 mai 2014 pour la circonscription "sud-est" de la France. 



"Il faut dénoncer l'amalgame trompeur que recouvre l'appellation "immigré" et distinguer les étrangers d'origine européenne faciles à intégrer et ceux issus du Tiers Monde difficilement assimilables en raison à la fois de leur importance numérique et de leur spécificité culturo-religieuse qui les incite à refuser l'assimilation, sous la poussée d'éléments intégristes ou à l'invitation des gouvernements de leur pays d'origine." 
(Pour la France, Jean-Marie Le pen, éd. Alabatros, 1986, p. 112)



"Les villes gagnées par les candidats FN aux municipales ne seront pas « des laboratoires idéologiques », avait affirmé Marine Le Pen au lendemain du premier tour de l'élection municipale [2014]. Elle voulait ainsi faire oublier les premières expériences du parti à la tête de villes à la fin des années 1990, qui ont notamment abouti à la condamnation de la maire de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Catherine Mégret, pour « discrimination » et « incitation à la discrimination ».

Mais l'association Maison des potes, proche de SOS Racisme, a déposé jeudi une plainte pour incitation à la discrimination contre le Front national qui, dans un « guide pratique » à usage des élus municipaux, leur demande de prôner la « priorité nationale » dans l'attribution des logements sociaux. Le parti de Marine Le Pen, « contrairement à l'image qu'il veut donner, ne respecte pas la loi qui interdit d'inciter à la discrimination contre les étrangers dans l'attribution de logements sociaux », écrit l'association dans un communiqué." (article du Monde du 22 mai 2014).




« Il y a hélas 1000 problématiques liées à l’immigration massive, qu’elle soit d’ailleurs légale ou illégale. Il y a d’abord un problème économique. Lorsque vous faites entrer des étrangers dans un pays où il y a x millions de chômeurs, par définition, soit vous faites entrer des chômeurs qui pèsent après sur les finances publiques, soit vous faites entrer des concurrents potentiels à vos propres salariés, qui, bien souvent, accepteront de travailler pour des sommes très inférieures à celles qui sont versées, créant ainsi une concurrence déloyale.

Deuxièmement, il y a un poids bien évidemment sur la prise en charge sociale de ces populations qui, à cause du regroupement familial, arrivent avec femme et enfants, et qui bénéficient d’un système de protection sociale très généreux, notamment en France. École gratuite, soins gratuits. Enfin gratuits pour eux, mais pas pour les Français qui sont obligés d’abonder, bien sûr, à ces budgets." (Marine Le Pen, janvier 2014)






Nos racines chrétiennes, rappel, suite :












Jean 6, 1 - 15
1 Après cela, Jésus s'en alla sur l'autre rive de la mer de Galilée, la mer de Tibériade. 
2 Une grande foule le suivait, parce qu'elle voyait les signes qu'il produisait sur les malades. 
3 Jésus monta sur la montagne ; là, il s'assit avec ses disciples. 
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
5 Jésus leva les yeux et vit qu'une grande foule venait à lui ; il dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains pour que ces gens aient à manger ?  
6 Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car il savait, lui, ce qu'il allait faire.  
7 Philippe lui répondit : Deux cents deniers de pains ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un peu. 
8 Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit : 
9 Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de gens ?  
10 Jésus dit : Faites installer ces gens. — Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. — Ils s'installèrent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.  
11 Jésus prit les pains, rendit grâce et les distribua à ceux qui étaient là ; il fit de même pour les poissons, autant qu'ils en voulurent.  
12 Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne se perde. 
13 Ils les ramassèrent donc ; ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d'orge qui restaient à ceux qui avaient mangé.
14 A la vue du signe qu'il avait produit, les gens disaient : C'est vraiment lui, le Prophète qui vient dans le monde.
15 Jésus, sachant qu'ils allaient venir s'emparer de lui pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, seul.

 

« Le lieu exact de la multiplication des pains, dans l'Evangile de Jean, n'est pas précisé. Je suis donc partie en quête de ce lieu, un peu comme les 2 premiers disciples de Jean-Baptiste qui se mettent à suivre Jésus...

"38 Jésus se retourna, et voyant qu'ils le suivaient, il leur dit : Que cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Rabbi ce qui signifie Maître, où demeures-tu ? 
39 Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure." (Jean 1, 38 - 39)
  • Dans l'Evangile de Jean, il est juste dit que "Jésus s'en alla sur l'autre rive de la mer de Galilée".
  • Pour Matthieu et Marc, il s'agit d'un lieu à l'écart (des villes) et désert.
  • Luc est plus précis "A leur retour, les apôtres racontèrent à Jésus tout ce qu'ils avaient fait. Il les emmena et se retira à l'écart du côté d'une ville appelée Bethsaïda." (Luc 9, 10)
Ah voici un indice, Bethsaïda !
Que nous apprend la ville de Bethsaïda ?
Dans l'Evangile de Jean, les 5 premiers disciples (voir en annexe 1 : Jean 1, 35 - 51) viennent de 2 villages situés sur le Lac de Tibériade (ou Mer de Galilée). Les 3 ou 4 premiers disciples sont des pêcheurs et vivent à "Bethsaïda" . Il s'agit d'un inconnu (peut-être Jean ?) et d'André, les 2 disciples de Jean-Baptiste, puis du frère d'André, Simon Pierre et ensuite de Philippe. Ce village se situe sur la rive Est du Jourdain et signifie en hébreu la "maison de la pêche".
Un 5ème disciple, Nathanaël, vient de Cana située à l'Ouest du Jourdain. Jésus dit de lui :
"Voici un véritable Israélite en qui il n'est point d'artifice." (Jean 1, 47)
En tout, ils sont 5. Tiens, comme les "5 pains d'orge" !

Cette donnée géographique est intéressante. Car dans l'Ancien Testament, le Jourdain est une frontière naturelle entre la Terre Promise des hébreux (le peuple élu) et le monde païen. Les 5 premiers disciples viennent donc des 2 rives. Ces 5 premiers disciples sont a priori une base. Et le premier "échantillon" des proches de Jésus-Christ vient symboliquement, pourrait-on dire, du monde entier.
Par ailleurs, la scène de la multiplication se passe sur cette rive Est du Jourdain ("sur l'autre rive de la mer de Galilée"), dans le monde païen, dans l'Hermon... Ce qui renforce une fois encore à mon avis l'idée que ce message est adressé à tous (ce qui n'était pas évident pour l'époque)." (source : http://www.domnec.com/alexandra/galerie/bible/pain/multiplication_description.html#annexe1 )


 

Chère Marine,

Je suis la française d'ici dont tu parles si souvent.
Je suis née en France, de parents français, et bien enracinés dans le terroir local.
Nous sommes de culture catholique comme souvent l'étaient les ruraux qui sont mes ancêtres directs.
Enfant, j'ai vu le village, conduit les vaches à l'étable, fait des tours en tracteur, vu les lapins en cage et le porc enfermé dans un lieu sombre dans l'attente de sa mort.
Enfant, j'ai appris les paraboles au catéchisme.
J'ai le souvenir des insignes chrétiens de mon père, qui a failli devenir curé, mais a renoncé et c'est d'ailleurs pour cela que je suis là...
J'ai le souvenir de mes grands parents, qui détestaient les arabes, trouvaient leur musique moche et criarde, et pensaient qu'ils étaient mal fâmés et voleurs.
J'ai le souvenir de mes voisins arabes de la cour de récréation, à l'école, à Lyon, et moi, je les aimais bien parce que c'étaient mes camarades de jeux.
J'ai le souvenir qu'au village, il n'y avait pas d'arabes. Je pense que mes grands parents n'ont jamais joué avec des enfants arabes dans la cour de leur école, et qu'ils ne les connaissent donc pas, alors ils croient ce qu'on leur dit d'eux, et ils ont peur de ces "sauvages".




Dans la cour de récréation, j'étais quasiment la seule à ne pas avoir "d'origines" : entre enfants, nous voyions les "origines" comme une richesse, et chacun.e était fier.e de dire "moi j'ai des origines italiennes : ma mère est italienne", "moi j'ai des origines espagnoles : mon père est espagnol", "moi j'ai des origines...".
Moi, j'ai des origines italiennes : la mère de mon grand-père maternel est italienne. Et je me souviens que l'Italie, c'était important pour ma mère et sa famille, quand j'étais enfant.
J'ai aussi des origines africaines, à ce qu'il semble : le nom du père de ma grand-mère maternelle, "Siby", est africain, m'a-t-on dit. Au village, dans les Alpes, ils ne comprennent pas "Siby", alors ils ont alpisé le nom en "Sibille". "Siby...Siby...ah, les Sibilles ! Oui je vois !", m'avait-on répondu, au village, lorsque j'étais sur la piste de feu mon arrière grand-père.
Peu après, j'ai appris que Sibille, c'était un nom d'origine italienne.
Dans les Alpes, italien ou français, c'est assimilable pareil, parce que votre frontière, ce sont des parisiens qui l'ont décidée, mais nos villages ont toujours été sous la même bannière, et ont toujours échangé des moutons entre eux.
La différence depuis qu'il y a la frontière, c'est que les échanges entre villages "français" et "italiens" sont devenus illicites, et qu'il ne faut plus dire "on échange des moutons", mais "on fait de la contrebande de moutons"...cela rend les chemins plus difficiles, car quand les échanges sont licites (avant la frontière), on peut passer par les chemins normaux, muletiers. Mais quand il faut ne pas être vus des douaniers, il faut passer par les sommets et les cols, parfois de nuit, avec le troupeau...
Donc Sibille, c'est italien, donc c'est du village, en Haute-Savoie, tandis que Siby, les gens ne comprenaient pas. Sibille, c'était leur moyen d'accueillir Siby comme un des leurs, et de partager le pain avec lui.

J'ai des cousins franco-russes, et des cousins franco-espagnols.
Je n'ai pas de cousins franco-arabes, parce que dans ma famille, on croyait que les arabes, c'était ce que tu en dis encore aujourd'hui.
Et puis on était catholiques et ils étaient musulmans...cette religion bizarre qui n'avait rien à voir avec la chrétienté.

J'ai appris, bien plus tard, et pas à l'école mais parce que j'ai lu à la bibliothèque, qu'en fait, les musulmans c'était la suite des chrétiens comme les chrétiens étaient la suite des juifs...on avait le même livre, mais ils ont encore rajouté un tome supplémentaire après le nouveau testament. Eux aussi ils parlent du père, du fils et du Saint Esprit, mais ils pensent que c'est Dieu le plus important et c'est pour cela qu'ils ne reconnaissent pas la Trinité, par exemple. C'est une des différences. En fait, c'est des puristes, en somme.
Si on avait expliqué ça à l'école à mes grands-parents, je crois qu'ils auraient été serrer la main aux musulmans, au lieu d'en avoir peur et de les considérer comme tu dis encore aujourd'hui qu'il faut les considérer.

Moi, qui descends de cette France bien enracinée, celle-là même qui se comporte comme tu le souhaites (on peut intégrer dans la famille - par le mariage par exemple - des migrants d'origine russe, espagnole, etc...mais jamais de la vie des arabes), je suis athée.
Athée d'origine catholique.
Je ne me suis d'ailleurs pas fait débaptiser, parce que l'Eglise est la seule à ne pas m'avoir virée de ses registres pour mon hétérodoxie...et aussi parce que ça m'arrange de pouvoir toujours communier, c'est à dire de pouvoir toujours participer à ce groupe qu'est l'Eglise et citer la Bible à mes adversaires, comme je viens de le faire avec toi.
Une manière de ne pas renier mes origines, en somme, sans accepter pour autant que l'on me réduise à elles.
 


Je t'écris aujourd'hui car tu prétends parler au nom des gens comme moi, qui ont des origines étrangères suffisamment lointaines (et chrétiennes...) pour que tu puisses les appeler des "français de souche", par opposition à des "français de papier" comme disent tes gens.
Mais Marine, je ne te reconnais aucun droit à parler en mon nom ou, pis encore, pour assurer la soit disant défense de mes intérêts face aux hordes arabes !

Sache qu'en plus d'être athée, je suis antimilitariste.
Pourtant, je serre la main de mon cousin (français "pas tout à fait de souche" selon tes critères...franco-russe, à vrai dire) qui est militaire.
Parce que même si ma seule patrie est, dans le fond, le monde (et non la seule humanité qui le peuple), je sais que les bannières, et leurs valeurs, peuvent être importantes.
Et je suis plus fière de le voir lui, en uniforme, sur la photo avec en fond le drapeau tricolore qui occupe tout l'espace, que de te voir toi en photo sur ce même fond.
Je pense qu'il défendra mieux la France et ses valeurs, que la fille de celui qui a dit que peut-être, en fait, Pétain fut aussi courageux que De Gaulle, sous l'Occupation.
Je pense que je suis bien placée pour dire ça, parce que mon enfance a été peuplée du silence de notre grand-père, et de la croyance que j'avais, qu'il avait fait les deux guerres : la première, et la deuxième guerre mondiale.
Bref, notre grand-père c'était un super type, un super héros, il avait fait les deux guerres !

Notre grand-père, qui baragouinait à chaque fois qu'il était question d'arabes, ou d'idées de gauche d'ailleurs, était cet ouvrier de souche paysanne qui a peuplé mon enfance de son jardin, où il bêchait les patates, où il désherbait à la main, et qui m'a expliqué comment bien couper les roses grimpantes de la maison pour les mettre en bouquet.
Notre grand-père, qui baragouinait à chaque fois qu'il était question d'arabes, ou d'idées de gauche d'ailleurs, était cet ouvrier de souche paysanne qui a peuplé mon enfance de son garage-atelier, où étaient rangés sur tous les murs une multitude d'outils beaux et précis, avec chacun sa place et son rôle.
J'aurais aimé avoir un atelier comme ça, mais contrairement à lui, je n'ai jamais eu de quoi m'acheter une maison à Lyon...les prix ont augmenté, et tout comme lui, mais pas à la même époque, je suis de milieu populaire. Française de souche, mais aussi populaire de souche, si je puis dire...

Notre grand-père ne parlait jamais des guerres qu'il avait faites.
A vrai dire, il était très silencieux, hors du jardin et de l'atelier.
Il avait un petit air triste tout le temps.
Un jour, il nous a parlé longtemps, il a raconté la deuxième guerre...la dureté du camp, où ils mangeaient des amanites tue-mouche en enlevant la peau parce que c'est elle qui concentre les toxines du champignon. Ils mangeaient ces champignons toxiques ainsi parce qu'ils avaient faim.
Il nous a aussi raconté tout le retour, ce jour-là. Je me souviens qu'il a fait une partie du trajet avec un cheval, mais le cheval est mort, parce que c'était un chemin dur dans un monde dur, et qu'il a attrapé une maladie en route, qui le condamnait.
Mon grand-père avait l'air triste de la mort du cheval. Et tout autour, durant ce chemin de retour, avait l'air dur et triste à l'avenant.

C'est bien plus tard, en lisant un livre sur le sort des soldats de la ligne Maginot, que j'ai compris qu'il avait du faire partie des soldats capturés là par les allemands, et emmenés en camps durant toute la guerre.
Dans le livre, ils expliquaient que ces soldats, ont vécu ensuite avec la honte de ne pas avoir pu défendre leur patrie contre les nazis. Avec la honte de n'avoir pas pu participer à la Résistance.
Je ne suis pas une petite-fille de résistants...
Je suis l'enfant du pays malheureux et silencieux.
Voilà ce que j'ai compris en lisant ce livre, alors qu'à l'école, on ne m'avait parlé que des résistants et des collabos, mais pas des gens tout simples, comme mon grand-père, qui n'ont pu être ni l'un ni l'autre. Des gens tout simples qui n'ont rien pu faire d'héroïque et vivent avec cette honte depuis.

A ce moment-là, j'ai réfléchi, et réalisé qu'il était impossible que mon grand-père ait fait les deux guerres : il était bien trop jeune, voire même pas né si ça se trouve, pendant la première.
J'ai vérifié : il ne pouvait pas avoir fait la première guerre...
Je me suis dit que cette légende compensait le réel honteux. Qu'elle était ce qu'on aurait souhaité, et qui n'a jamais été en réalité.

Ce n'est que bien plus récemment encore que j'ai compris que le retour avec le cheval malade qui meure en route, pouvait être encore autre chose. Une amie m'a parlé de la honte qu'avait un de ses apparentés qui avait fait docilement le STO, face à son frère qui lui avait pris le maquis.
J'ai appris que ceux qui revinrent du STO, vers la fin de la guerre, sont revenus tout seuls et que leur retour s'est fait dans des conditions matériellement très dures.
J'ai compris alors, que peut-être mon grand-père était revenu du STO, et que c'était ce retour dur et honteux, qu'il nous avait raconté un jour, le seul jour où il a rompu le silence sur sa vie. Un silence qui semblait empreint de honte.
Et puis récemment, j'ai retrouvé, au fond d'un carton, ces vieilles photos du village, que mon père avait gardées ainsi chez lui.
Sur l'une d'elles, un portrait : au dos, "1941, Stalag III".
Le portrait de mon grand-père.
Qu'est-ce qu'un stalag ?
C'est un camp de prisonniers de guerre, en Allemagne, durant la seconde guerre mondiale.
Par exemple, dans l'un des plus grands stalags, 300000 soldats français ont été prisonniers.
100000 de ces prisonniers, soit un tiers, sont morts dans ce stalag : de faim, de maladie, d'épuisement ou de mauvais traitements. Voilà pour dire les conditions...et les stalags étaient les camps les moins durs, parmi ceux créés en Allemagne à cette époque. Les camps pour les politiques étaient pires, et ceux pour les juifs notamment, sont bien connus pour leur degré d'atrocité...
Au stalag, on ne faisait pas le STO, mais le principe était le même : on passait ses journées à travailler pour l'Allemagne, à un rythme de forçat, avec des rations misérables qui obligeaient à manger, par exemple, les amanites tue-mouche du camp pour survivre...
Le retour en France de ces prisonniers fut lui aussi dur et honteux, car ils avaient été les soldats de la défaite, et on le leur fit sentir.
C'est ce retour, son retour, que mon grand-père nous avait raconté un jour, le seul jour où il a rompu le silence sur sa vie. Un silence qui semblait empreint de honte.

Quant à moi, lorsque j'ai été baptisée, on m'a donné pour parrain l'un de ses fils : le père de mon cousin qui est aujourd'hui militaire.
Et toute antimilitariste que je suis, je veux dire que je comprends et approuve son engagement, parce que d'une autre manière, il est le mien aussi.
Et je veux dire, en tant qu'héritière d'un nom laborieux et discipliné, qui aurait pu être déshonoré de ce fait, parce que oui, trop de discipline expose parfois à cela, que je trouve très belle la photo de mon cousin sur le fond tricolore.
Ce fond tricolore, il lui sied mieux qu'à toi.
Lui est digne du nom de patriote, que tu usurpes ainsi que l'emblème tricolore.

Mais tout ceci finalement, n'est que l'histoire de la France franco-française, celle que tu veux défendre.
Celle qui, pour son avenir, a à serrer la main à toutes les autres Frances, celles que tu détestes, et qui sont pourtant autant françaises que toi : les Frances black et beur, ou afro et rebeu comme on voudra, les Frances réunionnaises et martiniquaises, et aussi les Frances asiat', les Frances qui ont des origines et donc une richesse à partager, parce qu'après la vulgarisation des pizza et des spaghettis due à mes ancêtres ritals, il est amplement temps d'intégrer le kebab et les minarets au patrimoine national, qu'on peut très bien ajouter aux cathédrales et aussi aux monuments d'athées. Regarde en Andalousie : ils ont des monuments que les Suisses devraient leur envier s'ils étaient moins stupides !
Et, par delà ses frontières, cette France a aussi à serrer la main aux anciens peuples de l'Empire de France pour les reconnaître enfin comme des alter ego, et non plus des "indigènes de la République" hier et des "indigènes tout court" aujourd'hui.

Pour bien me faire comprendre sur ce chapitre, laisse-moi te raconter, Marine, ce qui unit mon bled de la plaine de l'Isère et celui de Haute-Savoie à ces gens que tu juges si mal et que tu ne cesses de dénigrer : nos anciens colonisés, les "magrébins" (mot infect pour moi parce qu'il résonne toujours de l'accent gluant qu'y mettait ton père lorsqu'il le prononçait - c'est d'ailleurs lui qui me l'a appris, lorsque j'étais enfant, dans les années 1980, et j'ai compris qu'il parlait là de mes camarades d'école, et donc, je n'aime pas ce mot parce que pour moi, c'est celui qui sert à désigner mes copains d'école à la vindicte).

Contrairement à mes copains de cour d'école maternelle, pour moi, le bled, c'est pas loin : c'est à 2h de voiture, maxi.
Et c'est en France : pratique, personne ne me demandera de compte sur pourquoi je vais passer des vacances là-bas, avec mes parents...pas comme les "magrébins" coupables d'aller passer "l'été au bled", une preuve de plus comme quoi ils sont pas vraiment français, puisqu'ils restent attachés à là-bas.

Dans les années 1960-1970, donc, en France métropolitaine, des grands immeubles ont été construits pour accueillir plein de gens qui auparavant vivaient dans des bidonvilles.
Parmi ces gens, ceux que ton père, Marine, désigne comme des "magrébins".

Dans les grands immeubles tout neufs, il y avait automatiquement des baignoires. C'étaient des HLM. A l'époque, c'était bien vu, ça passait pour de bons appartements confortables. Puis ils ont mal vieilli et c'est devenu synonyme d'immeubles impersonnels, de "cages à lapins", de "verrues sur la ville", de "franchement, faudrait tout démolir ces immeubles, ça gâche le paysage puis c'est pas humain, comme lieu de résidence".

On connaît tous l'histoire de ces arabes qui ont utilisé les baignoires des HLM pour y élever des lapins. Ou y égorger le mouton pour l'aïd, cette fête barbare et sanglante puisqu'un animal y est égorgé.
Hein Marine, c'est pas toi qui diras le contraire ?

Moi j'ai le souvenir, au début des années 2000, du HLM de Rillieux la Pape où la mère m'offre des petites patisseries, pendant que le père est occupé, sur le balcon, à dépecer le mouton, m'explique la fille à qui je suis en train de donner un cours de soutien en maths.
Pendant que le père dépèce le mouton pour l'aïd très proche, c'est encore ramadan, et chacun.e s'est retenu jusqu'au soir de manger. On m'offre aussi des dattes et du lait fermenté, pendant mon cours de maths...voilà l'accueil chez les barbares.
Au sol de leur HLM, c'est le même lino qu'au sol de mon HLM, situé, lui, en centre-ville...sur le sol en lino se balade une tortue, qui appartient à la fille. La fille m'explique qu'une tortue, ça vit cent ans. Je lui demande : "elle va vivre plus longtemps que toi alors ?".
La bête nous regarde, intriguée et attentive...

Et moi, je me sens chez moi, pas qu'à cause du lino, mais aussi parce que le père fait ce qu'un père paysan doit faire : découper l'animal pour que la mère puisse le cuisiner.
Simplement, au bled, il y a plus de place que sur un balcon d'immeuble, pour faire ce qu'on a à faire.

Au bled du côté de mon père, dans la plaine de l'Isère, c'est le porc qui est promis à un abattage rituel, et cruel, parce que le porc tu sais, il sent la mort, et il proteste parce qu'il veut vivre. Pourtant, on va le tuer, parce qu'on a envie de manger sa viande. Le porc tu sais, c'est l'animal qu'on enferme dans l'endroit le plus sombre et glauque de l'étable, pas comme les vaches qu'on met dans de grands espaces lumineux de cette étable. Parce que le porc, c'est le porc, quoi...c'est un animal qu'on n'a que pour la viande, et c'est celui qui couine quand on veut l'égorger, et c'est spécial, ça. Les vaches, elles, elles fournissent le lait en plus de la viande, alors on les respecte plus. Puis quand on les tue, elles se tiennent, elles ont la décence de ne pas refuser. Pas comme le porc qui lui, a compris qu'on voulait le tuer, et tente de fuir...

Les lapins, au bled, ils ne sont pas dans une baignoire, parce qu'on a de la place : ils sont dans leurs cages, ils ont l'air tout doux et moi, l'enfant de la ville, je les caressais comme des bêtes de compagnie. Mais on m'avait expliqué qu'un jour, ils étaient tués parce qu'ils étaient là pour qu'on les mange, pas pour être comme un chat ou un chien. Le chien lui, il était dans sa niche, devant la maison.
C'était bien, au bled, parce qu'il y avait plein de place et d'animaux. Et aussi, les trophées des grands frères de ma cousine : des trophées d'agriculture. Ils étaient agriculteurs en effet.

Au bled du côté de ma mère, en Haute-Savoie, les WC étaient dehors, c'était à l'ancienne, un cabanon avec deux planches posées sur un trou dans la terre. On chiait dans le trou, et je ne sais pas qui ni quand le vidait.
Je sais assez peu de choses sur le bled contemporain en Haute-Savoie, en fait.
Mais quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de dire, comme insulte, "crétin des Alpes".
Le crétinisme c'était courant dans les Alpes, jadis, à cause du manque de je ne sais plus quoi comme aliment.
Mais surtout, dans les années 1950-60, les gens des plaines ont eu un choc quand ils sont venus voir les alpins : ces sauvages, ces crétins, vivaient avec leurs bêtes dans des masures sombres, dormaient à plusieurs, voire avec les moutons, dans le même lit pour se tenir chaud, quelle horreur !

Dans les endroits où les villages avaient été bombardés pendant la guerre (parfois par les italiens, ce qui est un traumatisme de plus localement, un événement totalement incompréhensible parfois : les italiens, "c'étaient nos amis"...), les mêmes gens qui ont construit les grands immeubles HLM avec baignoires dans les banlieues urbaines, ont oeuvré.
En effet, les villages des Alpes étaient majoritairement en bois, ce qui fait qu'une fois bombardés, il ne restait rien d'habitable, vu que le feu s'était propagé très vite de maison en maison.
Donc choqués par les habitats sombres et resserrés les uns sur les autres, les hommes modernes ont construit de belles grandes maisons bien équipées.

Par exemple, à Cervières dans les Hautes-Alpes, encore aujourd'hui, une bonne partie de ces maisons sont inhabitées : les gens ont préféré partir à la ville qu'habiter là dedans.
D'autres les ont habitées, et cela a causé plein de problèmes de voisinage. Du type : maintenant, j'ai peur d'aller rendre visite à ma voisine parce que si j'entre chez elle je vais salir son carrelage.
Et au milieu de tout ça, il y avait les fameuses baignoires.
Personne ne voyait à quoi servait ces machins.
Elles ont donc fini le plus souvent dans les champs, comme en plaine d'ailleurs on le voit aussi : en tant qu'abreuvoir pour les bêtes.

In fine, les gens venus du bled, qu'il soit situé à 2h de route ou outre-méditerrannée, partagent donc le même malaise face à l'habitat HLM. En particulier, la baignoire semble l'objet de multiples utilisations non prévues par ses créateurs.

Donc voilà, tu vois Marine, les parents des arabes de France, et mes propres ancêtres, ont fait les mêmes choses : égorger des animaux, cultiver des terres plus ou moins fertiles...se recueillir et prier en égrenant un chapelet, ou en déployant un tapis de prière, au son du muezzin ou des cloches. Fait carême ou ramadan.
On est du même monde. On est du peuple qui vous nourrit en se salissant les mains dans la terre, dans la gorge ensanglantée des volailles, et, aujourd'hui, dans le cambouis.

On a hérité de bannières différentes, la croix ou le croissant, le drapeau tricolore ou coloré de vert souvent. Mais sur le balcon, c'est le même homme qui découpe l'animal, à la ville.
Et dans la maison, c'est la même femme qui me montre ses créations au crochet, et m'offre des gâteaux.

On aurait du expliquer ça à mes grands parents.
Mais non, on leur a bourré le mou avec les "melons". On leur a fait peur comme ça, et toi, tu voudrais continuer aujourd'hui ?

Moi, qui suis l'enfant du pays, celle au nom de qui tu prétends parler, je dis que ce n'est pas en mon nom, que tu seras légitime à faire cela, et m'en vais serrer la main à mes voisins.
Nous avons des lapins à partager ensemble...

L'athée antimilitariste urbaine d'aujourd'hui, d'origine catholique et rurale, dont le grand-père n'a pu défendre la patrie, a des origines mais aussi un avenir. Et cet avenir, il est avec ses copains de cour d'école maternelle. Tous ses copains.
Pas avec toi qui prétends défendre les uns en dénigrant les autres.

Bien à toi, et laissant la conclusion à un chanteur que tu ne connais pas, qui montre la France telle qu'elle est aujourd'hui, et non telle que tu voudrais qu'elle soit,

Sophie Perrin, l'enfant du pays.



Serge Utgé Royo, descendant de républicains espagnols, anarchiste, tout comme moi, donc athée en mode "on va brûler les églises"...
Aujourd'hui, voilà ce que chante le bruleur d'églises :



La laïcité, c'est ici, dans la chanson de Serge, pas chez Riposte Laïque.
 

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