Bienvenue sur ce blog. Pour suivre le fil de l'histoire si vous n'êtes jamais venu.e, le mieux est de cliquer sur le libellé « Présentation et entrée en scène des personnages importants de l'histoire ». Vous pouvez ensuite bifurquer par exemple vers « la Geste de Lyon 2 », « 22 les v'là - tonfa company story », « Autofiction », ou encore feuilleter les saynètes de votre choix dans « Les saynètes du crea'tif ».

Ou bien aller fureter, selon vos goûts et envies, dans les libellés thématiques : « Anthropologie », « Réflexions théoriques », « Micro-histoire (microstoria) », « Plaint'if : la plainte de Lyon 2 », « Revendica'tif », « Féminisme », ou encore « Etre victime ? Débat sur "l'être victime" et ses parcours - à partir de l'exemple de l'inceste ».

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Bien sûr, n'oubliez pas de commencer par les billets du bas de l'écran.


Bonne lecture à vous, espérant qu'elle vous sera plaisante.

samedi 10 janvier 2015

A l'occasion du massacre des 7 et 8 janvier 2015 : retour sur la mort d'Oussama Ben Laden, 2011

RIP

Cabu, dessinateur
Wolinski, dessinateur un peu machiste à mon goût, mais bon...je ne pourrai plus cracher sur ses nouveaux dessins puisqu'il est mort...
Charb, dessinateur
Tignous, dessinateur
Honoré, dessinateur
Oncle Bernard, chroniqueur économiste
Elsa Cayat, chroniqueuse
Mustapha Ourrad, correcteur
Michel Renaud, invité de Charlie Hebdo
Frédéric Boisseau, agent de maintenance et d'accueil
Franck Brinsolaro, policier, chargé de la protection de Charb
Ahmed Merabet, policier du commissariat du 11e arrondissement de Paris

Tou.te.s morts pour avoir fait leur travail.



RIP

Leurs jeunes assassins, qui n'accordaient plus valeur ni à la vie de leurs victimes, ni même à la leur, face à la défense d'une Cause qu'ils estimaient juste.

Que Dieu, Allah, encore nommé Jéhovah dans le Livre duquel ils se réclamaient contre d'autres alors que Mahomet leur expliquait que c'était, justement, un seul Livre, leur pardonne cette erreur aux conséquences atroces, s'il veut bien exister un instant pour ce faire...

RIP

Clarissa Jean-Philippe, policière décédée lors de la fusillade de Montrouge
Les otages du magasin kasher de Vincennes
Yoav HATTAB
Philippe BRAHAM
Yohan COHEN
François-Michel SAADA
présumés juifs, et décédés dans la fusillade qui a eu lieu au début de la prise d'otages.


RIP

Leurs jeunes assassins, qui n'accordaient plus valeur ni à la vie de leurs victimes, ni même à la leur, face à la défense d'une Cause qu'ils estimaient juste.

Que Dieu, Allah, encore nommé Jéhovah dans le Livre duquel ils se réclamaient contre d'autres alors que Mahomet leur expliquait que c'était, justement, un seul Livre, leur pardonne cette erreur, s'il veut bien exister un instant pour ce faire...

RIP

Clément Méric, étudiant, antifasciste, tué par Esteban Morillo, skinhead, agent de sécurité.
Rémi Fraisse, botaniste écolo, tué par la violence d'Etat qui a remplacé, en France par exemple, aujourd'hui, le débat démocratique sur les grands projets.

Vous n'avez pas eu de deuil national, mais de la boue sur vos dépouilles en guise d'obsèques, à la télé et dans les journaux.
La honte soit sur ceux et celles qui ont sali vos noms alors que vous ne pouviez plus vous défendre, étant morts.



RIP

Wissam, décédé début 2012 à Clermont Ferrand, après neuf jours de coma faisant suite à son interpellation policière "musclée". Des muscles policiers, et une technique physique dite du "pliage", qui lui ont été fatals... le "pliage" est la cause de la majorité des décès lors d'interpellations policières. Ceci devrait poser question, à moins qu'on estime que certaines vies sont dénuées de valeur au point de ne pas s'en soucier dans ce pays ?

Zyed et Bouna,

Morts dans un transformateur électrique en 2005 parce que la police leur faisait peur pour la raison que trop souvent, dès qu'elle voyait leurs tronches, elle les regardait comme beaucoup d'autres français.es, pas policiers mais parfois propriétaires, employeurs, etc, le font aussi : en les cataloguant "racaille incivile" et "voleur" simplement parce qu'ils avaient une tronche d'arabe résidant dans une banlieue pauvre.


Et tous les autres, morts pour rien parce que des fonctionnaires - mais aussi des propriétaires, des employeurs, etc - n'ont accordé aucune valeur, ou une valeur négligeable, à leur vie.

Vous n'avez pas eu de deuil national, mais de la boue sur vos dépouilles en guise d'obsèques, à la télé et dans les journaux.
La honte soit sur ceux et celles qui ont sali vos noms alors que vous ne pouviez plus vous défendre, étant morts.



Les derniers noms cités dans cette liste ne sont pas les moins importants...


Ci-dessous, un extrait du courriel du 10 juillet 2011, ayant pour objet :


Préambule au courriel : le CREA'tif évite de prendre position, à chaud, sur le fond d'événements en cours. C'est pourquoi nous nous limitons, pour l'instant, à l'édition de ce courriel ancien, dont certains éléments éclairent, malheureusement, les événements actuels, sans pour autant valoir position ou jugement sur ce qui est en train de se dérouler aujourd'hui, en ce début 2015 - ces positions et jugements étant voués à arriver plus tard.




Le courriel :

La voix off – Lecteur, lectrice, bonjour. En préambule de l’historiette du jour, je tiens à rappeler un article important.
C’est issu de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Article 10, et d’une décision de Justice européenne en lien avec cet article. Décision qui précise que la liberté d’expression

« vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels il n'est pas de « société démocratique ». » (CEDH, arrêt n°59/1997/843/1049, Hertel c. Suisse, 25.08.1998).

Ceci étant précisé, nous pouvons commencer le récit du jour, qui pourrait choquer, heurter ou inquiéter, mais c’est fait exprès.

Il y a quelques semaines de cela, mourrait enfin ce hérault du mal absolu nommé Oussama Ben Laden.
Oussama Ben Laden : un nom qui fit trembler le monde. Le mal incarné. L’ennemi de la civilisation, à abattre bien sûr, cela est indiscutable.

Barack Obama – Justice est enfin faite !

La voix off – Lecteur, lectrice, me revoici donc. Je reprends ici le crachoir, le micro, enfin bref, la parole, pour vous narrer l’histoire d’Osama et Oussama.

Barack Obama – Y’a pas b’soin d’narrer : elle est très simple, l’histoire. On lui a enfin fait COUIC, à ce MONSTRE, et donc, je répète : Justice est faite, and in god we trust.

La voix off – Oh yeah, in god they trust !

Moi – Tu te moques, là ?

La voix off – Je parodie. Nuance.

Le général de Gaulle – Eh beh ! Le monde libre, ça devient vraiment n’importe quoi !
De mon temps, il y avait certes la chienlit, mais on n’avait pas encore le mal absolu qu’il faut exterminer coûte que coûte.

Un gône de Bellecour, détenu sur cette place tout l'après-midi du 21 octobre 2010 parce qu'il était venu manifester – Peuh, à t’écouter, de ton temps, tout était mieux !
T’oublies qu’en plus de la chienlit, y’a eu la guerre d’Algérie. Mon père et ma mère sont algériens, et nous, on n’a pas oublié.
Le poignard utilisé par Jean-Marie Le Pen lorsqu'il était tortionnaire durant la guerre d'Algérie.
Il s'agit d'un couteau des Jeunesses Hitlériennes, fabriqué dans la Ruhr dans les années 1930.

Ali Cheiban, enseignant en sociologie de l'université Lyon 2, remasterisé par la voix off – Oui, parlons de la guerre d’Algérie, Monsieur de Gaulle … un grand moment de votre histoire, n’est-ce pas ?

Le général de Gaulle – Euh … quelle guerre ? Il n’y a pas eu de guerre voyons !

Ali Cheiban – Le goulag, au moins, c’était réglo. Mais votre sale guerre contre les bougnoules … les melons, les bicots, enfin, vous connaissez mieux que moi les noms, c’était quoi ? Même pas une guerre, dites-vous ! Ah oui, c’est vrai, on ne fait la guerre qu’avec des gens qu’on reconnaît tout d’abord comme adversaires !

Moi – Waw, dis donc, tu l’as fait péchu et résolu, notre Ali Cheiban national, dis-donc !

La voix off – Que veux-tu, après ce qu’il a fait dans un épisode précédent, il faut bien essayer de le faire un peu remonter dans les sondages… si on ne veut pas lui ressembler dans nos méthodes.

Le gône – Et, heu, Monsieur de Gaulle, tant que j’vous tiens, votre époque, c’était le top du top, mais quand même, les centrales nucléaires genre Fukushima version française, c’est un peu vot’faute, non ?

Le général de Gaulle, bombant le torse – Le nucléaire est une énergie propre et sûre, nous ne sommes pas au Japon, ici. Nos centrales sont bien entretenues, elles, et cette énergie, j’en suis fier, car c’est elle qui a permis l’indépendance de la France !

Nicolas Sarkozy, lui aussi remasterisé par la voix off – Aaaah… c’est à cause de toi, que j’ai été obligé de faire croire, en 1986, que le nuage s’était arrêté à la frontière ?!

Claude Guéant, également remasterisé par la voix off – C’est qu’il n’avait pas de passeport pour la passer, le bougre !

Nicolas Sarkozy – Toi, tu vas finir comme Hortefeux, si tu continues comme tu viens de commencer… les sans papiers, on les fabrique et on les vire pis que des bêtes nuisibles, mais il ne faut pas le dire ni le montrer : il faut parler « d’immigration choisie ». Ca fait plus marketing.

Le général de Gaulle, contre attaquant – Tu veux peut-être dire : c’est à cause de toi, que la droite est devenue bling-bling comme un boss du FMI ?

La panthère des neiges, l’air agacée : « Casse-toi pov’con… »

Valérie Pécresse, remasterisée par la voix off – Gardes ! Emmenez-là ! Elle vient d’outrager encore une fois le président !

La voix off – Mais voici ce que répondent les gardes…

Les gusses – Ben … oui, peut-être, mais en ce moment, on est sous ses ordres dans le cadre d’un mandat d’enquête d’interpol pour lequel elle nous a réquisitionnés !

La voix off – Valérie Pécresse fulmine, mais doit néanmoins céder la place à Wauquiez sur la scène, après ces dernières paroles de ministre de l’enseignement auto-proclamé supérieur.

Moi – Comme s’il y avait un enseignement inférieur

La panthère des neiges, toujours agacée : « vous ne trouvez pas qu’on se disperse, là ? »

La voix off – Ah ? Heu … oui … bon. Alan, peux-tu nous appeler Oussama s’il te plait ?

Alan Kardec – C’est que … c’est que … c’est compliqué. Il erre dans l’océan où il a été jeté, et je ne sais où le situer.

Le gône – L’Amérique souille la mémoire des morts de chez nous. Oussama, c’était pas bien ce qu’il a fait, mais Obama, il a manqué de respect en le jetant à la mer comme il a fait.
Oussama, c’est notre héros pour déconner, comme Tony Montana un peu, mais franchement, là j’déconne pas, sur la Mecque et l’coran, vous avez aucun respect et ça nous met la haine.

Barack Obama – Justice est faite !

Le chœur – Ils appellent Justice ce qui est injustice.
Ils appellent sentence ce qui est assassinat
Au nom de la raison d’Etat.
Ils ont jeté à la mer
L’ancien suppot d’la CIA
Sans procès ni rien
Proclament Justice est faite
Mais la Justice se meure
D’être ainsi défaite.

La panthère des neiges : « Oxala a disparu… Justice ne peut être rendue ».

Oxala, esprit présent dans le culte du candomblé brésilien

Moi – Oui, dans notre monde à nous. Mais dans le leur, c’est leur Oxala à eux, qui a disparu ce jour-là.

Le gône – Qui c’est, Oxala ?

La panthère des neiges : « C’est un orixa dans une religion brésilienne proche du vaudou. Tape son nom dans google ou yahoo, et tu auras toutes les explications sur lui »

Oxala, syncrétisme entre une divinité africaine yoruba et le Christ chrétien, créé par les esclaves noirs ayant survécu au voyage transatlantique, a pour couleur le blanc, car il a pour charge de faire régner la paix

Alan Kardec – J’ai réussi à envoyer un esprit à la recherche d’Oussama … c’est l’esprit d’un dauphin défunt. Peut-être pourra-t-il nous le ramener ?

La voix off – A la recherche d’Oussama, qui longtemps terrorisa l’Occident, messire dauphin vogue à travers les vagues, bravement.

La panthère des neiges : « A la recherche de la Justice, longtemps, je fus, en vain »

La voix off – Messire dauphin, sauveur des marins égarés dans l’océan, aide les humains à retrouver leur chemin. Aide Oussama à retrouver les siens et le dernier rivage.

La panthère des neiges : « Que la terreur de l’Occident repose en paix. Justice n’a pas été rendue, vengeance n’est pas Justice et l’âme d’Oussama crie vengeance du fond de l’océan. Qui, dès lors, vaut le mieux, si la loi n’est que celle du plus fort ?
Qui, dès lors, vaut le mieux, si Justice n’est que celle des balles de la CIA qui créa Oussama ?
Barack, que répondras-tu à ton procès pour cela ? »

Barack Obama – Je suis président. Aucun procès ne me sera fait. Justice est faite, puisque c’est moi qui le dis !

La panthère des neiges : « Justice est détruite, par ton arbitraire souverain. Le criminel, c’est toi, qui te dis Parti du bien ».

Moi  – Qui sera l’avocat du parti du mal ? Dis, il manque un personnage, pour dire tout cela, mais tu n’arrives pas à le créer n’est-ce pas ?

La voix off – Oui. Je ne sais qui il est. Une forme de juge, mais quel juge pourrait venir ?

La panthère des neiges : « Je ne suis pas juge, et dis ce que le juge dirait s’il venait … »

Moi – Appelle Salomon. Il fut le meilleur des juges en un temps.


Salomon – Mes jugements sont relatés dans la Bible, au sein de l'Ancien Testament, aussi, je suis reconnu comme légitime par tous les gens du Livre : juifs, chrétiens et musulmans.
Quel est celui qui confond, ici, Justice et vengeance ?


Oussama Ben Laden, livide tel un mort, aux côtés de son fils, accusateur – C’est lui.

Barack Obama – Justice est faite, cela ne se discute pas.

Salomon – Ô puissant président, toi qui te crois
Le juge des juges.
Sache que pour moi
Justice est service de vérité
Et non fatuité.

Tu as fauté.

Barack Obama, tremblant – Je n’ai pas fauté !! Il l’a mérité ! Après tout ce qu’il nous a fait ! Ce type est un terroriste meurtrier, un monstre d’inhumanité ! Mes hommes ont retrouvé, à côté de lui, ses carnets où il passait son temps à fomenter de nouveaux plans pour des attentats !!!!

Salomon – J’entends ta version des faits. Mais la sienne, pourquoi ne puis-je l’entendre ?

Les gusses – Parce qu’il est mort.

La panthère des neiges : « Parce qu’il est mort »

Messire renard : « Parce qu’il est mort »

Tou.te.s les autres : « Parce qu’il est mort »

Shiva – Parce qu’il est mort.

Moi – Les morts ne parlent plus…


En 2014, manifestation au Nigéria contre le groupe Boko Haram,
auteur d'actes de terrorisme et d'enlèvements de centaines de femmes et fillettes

Allan Kardec – Les morts jetés à l’océan sont difficiles à retrouver même pour moi … on aurait voulu l’éliminer pour le faire taire à jamais, que l’on n’aurait fait autrement. Mais mon dauphin l’a ramené, et le voilà parmi nous pour exposer sa version de l’histoire.

Amnesty international, remasterisé par la voix off – Tout être humain a droit à un procès équitable. Nous n’aimons certes pas Oussama, mais ce droit lui a été ôté par les balles de la CIA.

Hannah Arendt – De mon temps, nous avons su faire le procès des faiseurs de mal. C’était à Nuremberg, et ils tuèrent plus en 5 ans, que Ben Laden en dix.

Moi – De mon temps, nous avons su faire le procès des faiseurs de mal. C’était à Lyon, c’était Klaus Barbie.

Salomon – Du temps de Barack Obama, on tire l’humain à bout portant comme un chien, et l’on appelle cela Justice.

Allan Kardec – On l’enterre dans la mer, afin que nul.le ne puisse suivre son âme. Quel crime méritait tel supplice ?

Barack Obama, enfin, le président, quoi – Le crime d’être un terroriste ! Le crime d’avoir envoyé des avions sur le world trade center en 2001 ! Seul un monstre, peut préparer et commanditer un acte pareil ! Un être humain n’en serait pas capable !

Hannah Arendt – Ce sont des êtres humains comme toi et moi, que nous avions jugés, à Nuremberg. L’inhumanité fait hélas partie de l’humanité.

Moi – C’est un être humain comme toi et moi, que nous avons jugé à Lyon. L’inhumanité fait hélas partie de l’humanité.

Salomon – Qu’a à répondre le président des Etats Unis d’Amérique pour sa défense ?

Le président – C’était un monstre, il fallait l’abattre !


La panthère des neiges : « Moi aussi, au sens de certain.e.s, je suis un monstre, et il faut m’abattre ».

Julien Coupat – Il est facile, d’être jugé coupable de terrorisme, dans l’Empire…

Le président – C’était un monstre, il fallait l’abattre !

La panthère des neiges, agacée : « votre défense est bien faible, sieur président.
Parlons de monstruosité.
Telle Frankenstein, la CIA votre organe d’Etat, créa Oussama en cette époque chérie du général de Gaulle. Vous savez, celle où c’était mieux que maintenant.
La CIA créa Oussama pour contrer le communisme en Orient. C’est la vérité.
La CIA tua Oussama pour quoi ? Dites moi. »

Le président – C’était un monstre, il fallait l’abattre !

Salomon – C’est déjà plus franc et moins malhonnête que « Justice est faite »…

L'Alhambra de Grenade, chef d'oeuvre datant de l'époque d'Al-Andalus


Oussama Ben Laden – C’était un monstre, il fallait l’abattre ! Voilà pourquoi j’ai attaqué l’Empire avec mes bombes. Pour l’abattre.

La voix off – Oulà, vous dites la même chose ?!?

Alan Kardec – Oui. Mais ce qui est compliqué, c’est qu’il y a plusieurs versions d’Oussama. Celle-ci n’est que la première.

Oussama – Bien sûr que je dis la même chose, puisque nous pensons la même chose !
Nous avons été formés à la même école, ne l’oubliez pas. Et s’il n’était président, c’est moi qui le serais.

Les fillettes et jeunes femmes aux mains du groupe intégriste Boko Haram, au Nigéria

En outre, pour expliciter plus avant mon point de vue, injustement écrasé par les USA, je tiens ici à rappeler mes propos précis sur les attentats du 11 septembre 2001. J’ai expliqué ainsi mon action, et vous laisse juger de la légitimité de mon indignation et de mes moyens. J’ai dit :

« Je vous le dis, Allah sait qu'il ne nous était pas venu à l'esprit de frapper les tours. Mais après qu'il fut devenu insupportable de voir l'oppression et la tyrannie de la coalition américano-israélienne contre notre peuple de Palestine et du Liban, j'ai alors eu cette idée. Les événements qui m'ont affectés de manière directe ont commencé en 1982, lorsque l'Amérique a permis aux Israéliens d'envahir le Liban et que la sixième division aérienne américaine les a aidés. Ce bombardement a commencé et a fait de nombreux morts et blessés, ainsi que des personnes terrorisées et réfugiées. Je ne pourrai pas oublier ces scènes, le sang, les membres déchiquetés, des femmes et des enfants gisant partout. Les maisons détruites ainsi que leurs occupants, des amoncellements de gravats sur leurs corps, des bombes qui pleuvaient sur nos maisons sans pitié. »
« Cette situation était comme un crocodile rencontrant un enfant sans défense. Est-ce que le crocodile peut comprendre une conversation qui n'inclurait pas une arme ? Et le monde entier a vu, et entendu, 

mais il n'a pas répondu. »

  
Il y eut ensuite l’Irak : «  Plus de 600 000 enfants irakiens sont morts à cause du manque de nourriture et de médicaments et à la suite d'une injustifiable agression imposée à l'Irak et sa nation. Les enfants de l'Irak sont nos enfants. Vous, les États-Unis, unis avec le régime Saoudien êtes responsable de l'effusion du sang de ces enfants innocents. »
 « peut-on accuser de terrorisme un être humain qui se défend et qui punit son bourreau en usant des mêmes armes ? »


Le badge porté par les opposant.e.s à l'intervention en Irak de 1991, en France

Ainsi, contrairement à ce que l’on vous dit sur moi, je ne suis pas un barbare qui frappe au hasard. Je ne fais que répliquer aux exactions commises contre des membres de la Oumma par l’Occident, USA en tête. Savez-vous le calvaire vécu par les nôtres en Palestine ? Je mène la guerre à ma manière, par des frappes chirurgicales aux effets puissants et terrorisants.

J’ajoute que j’ai été réglo, dans mes propositions. Exemple en 2006 : Le 19 janvier 2006, après un an de silence, Al-Jezira diffuse un nouvel enregistrement audio où j’annonce la préparation de nouvelles opérations terroristes et propose une « trêve » en échange d'un retrait des troupes américaines en Iraq et en Afghanistan. Je dis que : « Nous n'avons pas d'objection à vous offrir une trêve (hudna) de longue durée dans des conditions justes que nous respecterons, parce que nous sommes une nation à laquelle Dieu interdit la traîtrise et le mensonge ». Mais cette trêve fut aussitôt refusée par la Maison Blanche.

Mes raisons d’agir étaient pourtant, vous le voyez maintenant, aussi valables que les leurs. Et mes attentats firent moins de morts civiles que leurs frappes en Irak.

Manifestation, à Paris, contre les massacres commis en Palestine par l'Etat israélien, durant l'été 2014

Salomon – Ainsi, dois-je comprendre que, révolté par « ces scènes, le sang, les membres déchiquetés, des femmes et des enfants gisant partout. Les maisons détruites ainsi que leurs occupants, des amoncellements de gravats sur leurs corps (…) », tu n’hésitas pas à employer les mêmes méthodes, productrices de « ces scènes, le sang, les membres déchiquetés, des femmes et des enfants gisant partout. Les maisons détruites ainsi que leurs occupants, des amoncellements de gravats sur leurs corps (…) »  pour protester ?

Oussama – Œil pour œil, dent pour dent. Ainsi dit notre talion.

Le gône de la place bellecour – Ton talion à toi est trop cruel. Je suis musulman moi aussi, mais ne puis l’approuver. La Oumma n’est pas ta propriété.

L'Alhambra, intérieur
 
La voix off – Notons que le gône en question est celui qui, à la merci de ses geôliers dans cette prison à ciel ouvert que fut la place bellecour le 21 octobre 2010 durant un après-midi entier, alla inscrire un « nique les decks » sur le véhicule effrayant des éléments encagoulés de la police, alias le GIPN, présent le 21 octobre 2010 sur la place où ils l’emprisonnaient. Acte qui vu les circonstances, était une réplique légitime et proportionnée à l'agression subie. Un courage qui manqua à Oussama Ben Laden.

Rose-Marie – Mais ? Vous caricaturez tout ! Tous les gens bloqués place bellecour n’étaient ni forcément musulmans, ni forcément issus de la banlieue, ni forcément …

La voix off – Merci de cette précision. Oui, mon personnage « le gône de la place bellecour » est en effet une caricature. Je rappelle qu’ici, en effet, nous nous inspirons librement des personnages réels, et la caricature fait partie de nos possibilités pour cela. Mais si vous réagissez, c’est tant mieux : cela fait longtemps que le CREA’tif manque quelque peu d’interactivité. Il suffit d’envoyer un message au groupe, et tout le monde lira vos objections.

Alan Kardec – Donc ça, pour en revenir à lui, c’est la première version d’Oussama : celle où il considère comme monstre celui qui le considère comme monstre, mais sa voix à lui est plus difficile à prendre en compte pour nous, car nous sommes sous l’empire du « monstre » adverse… et non d’Oussama.

La voix off – Voici donc la deuxième version d’Oussama.

Oussama – J’étais un monstre gênant pour la CIA … il fallait m’abattre.

Le président – Ne l’écoutez pas : il dit n’importe quoi.

Oussama – Depuis 2001, j’ai vécu l’enfer jusqu’à mon trépas, et traîné dans la boue je fus, toujours au combat.

Le président – Gaaaaardes ! Qui l’a retrouvé dans l’océan et ramené ici ? Je veux que quiconque collabore à une entreprise pour retrouver Oussama soit sévèrement puni !

Les gardes – Oui Monsieur le président.

La panthère des neiges : « Tttttt-ttttttt-tttttttt. Vous êtes réquisitionnés dans le cadre de l’enquête menée par interpol, et pour laquelle j’ai mandat ».

Salomon – Et nous allons écouter la version des faits d’Oussama, avant de juger, tout président que vous êtes, Barack.


Oussama – Mes photos furent utilisées et montées, pour revendiquer des actes que jamais je n’ai commis. L’on me fit dire que le 11 septembre 2001, c’était moi qui l’avais revendiqué. Mais comment démentir des vidéos qui vous montrent en train de dire « je revendique ces attentats », quand vous n’avez même pas accès aux média ?
Je n’ai jamais fomenté le moindre attentat. Tous ces attentats, c’est la CIA qui les a réalisés, et pour me nuire, elle y a associé mon image. Facile, pour la CIA, de faire des montages vidéos + voix !!!

Le président – Ne l’écoutez pas. Il dit n’importe quoi : ça fait des années qu’il me harcèle, et de surcroît, il est atteint de graves troubles psychiques.

Salomon – Un peu de respect pour les fous, Monsieur le président, s’il vous plaît.

Le président – E…euh… oui Monsieur le juge.

Oussama – Vous vous demandez pourquoi j’ai subi tout cela ? Eh bien parce qu’au sein de la CIA, j’ai dénoncé des usages malhonnêtes et déloyaux. Ca n’a pas plu.

Femmes kurdes allant au combat contre Daesh...c'est ce peuple,
qui est actuellement le seul à parvenir à tenir Daesh en respect

Le président – Mais c’est dans la définition de la CIA, que d’être malhonnêtes et déloyaux, voyons !
Les dictatures d’Amérique Latine pour contrer le communisme, c’est nous !
Le merdier en Afghanistan pour « contenir » le communisme, c’est nous !
Tes potes les wahhabites au pouvoir depuis des lustres en Arabie Saoudite, ce qui fait que les femmes n’ont même pas le droit de conduire, c’est nous !
Toi, en vrai, t’es qu’un artisan, à côté de notre industrie !

Et puis dis donc, on t’as bien retrouvé avec un carnet à côté de toi, où tu notais tous tes futurs projets d’attentats, tel un artiste cherchant son inspiration, quand on a enfin eu ta peau. Ce sont mes hommes qui me l’ont dit, et j’ai foi en leur parole.

Oussama – Ce carnet a été mis à côté de moi une fois que j’ai été mort. Ce sont tes hommes, qui le bâtissaient. Je n’ai rien à voir avec cette entreprise de mort. Mon tort, c’est juste d’avoir voulu quitter la CIA.

Le président – Eh oui ! La CIA, c’est comme la mafia : on n’en sort jamais, sauf les pieds devant.
Mais toi, ton tort, n’est pas là. Ton tort, c’est d’avoir été un terroriste infâme.

L'Alhambra : détail (travail du bois en marquetterie)

Oussama – N’est-il pas un terroriste infâme, celui qui institue des dictatures en Amérique Latine pour contenir le communisme ?
N’est-il pas un terroriste infâme, celui qui, de concert avec Winston Churchill, arrête la libération, en 1945, à un seul côté des Pyrénées, laissant perdurer jusqu’en 1975 une dictature horrible en Espagne ?
Même les crimes que tu me fais imputer, ne sont rien à côté des tiens.

Le président – Oui. Mais moi, je suis le plus fort, et la raison du plus fort est toujours la meilleure, comme Sophie l’apprend depuis un an avec la complicité passive de pas mal de profs envers celles et ceux qui lui veulent et font du mal.

Moi – Et la « présomption d’innocence », dont on nous rebat les oreilles pour Dominique Strauss-Kahn, pourquoi n’a-t-elle pas été valable pour Oussama ?

Le président – Mais il est coupable ! C’est évident ! C’est pour cela que nous l’avons abattu sans sommations !
Au Nigéria, chasseurs traditionnels s'organisant en milices pour la défense des villages contre Boko Haram

Salomon – Vous avez oublié qu’on ne se fait pas justice soi-même…et qu’il aurait fallu m’appeler avant.

Le président – Peut-être. Mais il n’empêche : le comparer à DSK, c’est hallucinant ! Ca n’a rien à voir ! Lui, on l’a vu en vidéos revendiquer ses attentats !

Oussama – Je n’ai jamais rien revendiqué. Vous avez construit de toutes pièces un personnage portant mon nom, et mes traits, et vous lui avez mis dans la bouche les mots dont vous aviez besoin.
Si j’étais encore là pour un procès, je vous le prouverais, et c’est pour ça d’ailleurs, que j’ai été tué sans sommations.

Le président – Peuh. Même si t’avais eu un procès, crois-moi, on se serait arrangés pour que ta parole n’y ait pas de place ! On t’aurait fait un jury à un seul juge, pour bien avoir le dessus sur les débats et qu’il ne puisse discuter avec des collègues en collégial sur ton cas.
Et on n’y aurait pas passé trois quart d’heure, crois-moi !

Salomon – Quelle est cette justice ?

Le président – La seule qu’un monstre tel Oussama puisse espérer de notre part.

Kobane, Kurdistan : tient bon depuis des mois face à Daesh

Salomon – Pourquoi l’hypothèse de son innocence n’est-elle pas envisageable ?

Oussama, opinant du chef – J’ai été victime d’un complot de la CIA, car je savais trop de choses, et ils voulaient me garder à leur merci !

Salomon – Ce n’est pas plus ridicule, dans l’absolu, que l’hypothèse du complot contre DSK pour l’empêcher de se présenter aux présidentielles…

Le président – Oui. Sauf que, alors que pour DSK, plein de monde croit spontanément à cette hypothèse, pour Oussama, personne n’y croira même si c’est vrai.
C’est ainsi. Et comme il est mort, il ne parlera plus… donc on a raison.

Oussama – Mais par la grâce d’Allan Kardec, je suis revenu ici du monde des morts, pour parler, et dire, et t’accuser d’avoir bousillé ma vie avant de m’abattre en sus.
Ce en quoi, président, tu es un lâche et un assassin.
Tout cela pour quoi ? Pour protéger les « petites magouilles » de ta CIA, que je commençais à dénoncer !!

Femmes kurdes se battant contre Daesh (pas armées par la Turquie, cela se voit...)

Le président – Oh, tu peux parler tant que tu veux … personne ne croira ce que tu dis-là, parce que c’est moi, le plus fort, en Occident, et que c’est l’Occident qui décide de ton statut.

Moi – A propos de CIA, Monsieur le président, pourquoi avez-vous choisi de faire disparaître Oussama dans la mer ? Jemanja en est encore furax, vous savez !

Le président – Eh bien, c’était pour éviter que sa sépulture devienne un lieu de culte ou de ralliement.

Salomon, horrifié – Sacrilège ! And in god you trust ?! Quelles sont ces manières barbares ? Depuis quand nie-t-on à un être humain le droit à une sépulture ?

La CIA – Depuis que nous avons inventé la disparition.

Moi – Qu’est-ce que la disparition ?

Alice Verstraeten, remasterisée par la voix off – La disparition, en Argentine notamment, sous la dictature, c’était enlever les opposant.e.s au nouveau régime. Les torturer, puis les emmener, endormi.e.s, et les jeter ainsi à la mer. Ensuite, leurs noms étaient rayés de l’Etat Civil : ces personnes, ainsi, étaient sensées n’avoir jamais existé.

Le président – A mon grand regret, nous n’avons pu parvenir à une telle perfection pour Oussama.

Alice Verstraeten – Oui. Mais ce n’était pas du tout le même type d’opposant, tout de même ! Je tiens à le souligner !

La voix off – En effet. Peu de rapports entre les opposant.e.s de gauche argentin.e.s, et l’islamisme intégriste d’un Ben Laden. On n’est pas en train de faire l’avocat de ses idées : pour nous, elles puent. Mais on est en train de faire l’avocat d’une certaine intégrité en réponse à l’ennemi.
"Une jeune femme kurde de 19 ans a préféré utiliser sa dernière cartouche
pour se tuer. Elle savait ce qui lui arriverait, si Daesh (ISIS) l'attrapait"

La panthère des neiges : « Mes cousin.e.s les shuars, avaient plus de respect pour leurs ennemi.e.s. Ils.elles gardaient traces d’eux.elles dans leur mémoire, via leurs têtes qu’ils.elles conservaient réduites ».

Le président – Mon Dieu ! Quelle horreur barbare !

La panthère des neiges : « Leur coutume te répugne, mais remarque que la réduction de tête ne fait point souffrir, puisqu’elle se fait post-mortem. Et qu’elle rend hommage à la force adverse, cherchant à l’enfermer dans l’espace de sa tête ainsi traitée, car elle reste une force adverse redoutable ».

Le président – Eh bien nous, nous avons cherché à enfermer la force restée redoutable d’Oussama dans l’océan.

La panthère des neiges : « Vu comme cela, je comprends. Mais vous avez néanmoins manqué d’égards envers la dépouille de votre ennemi, après l’avoir abattu arbitrairement, actes tous contraires à vos coutumes. La peur est mauvaise conseillère, durant la guerre, et vous l’avez suivie avec aveuglement, ce qui fut cause de vos manquements ».

Le président – Je …

Salomon – Il semble que la panthère des neiges ait donné un bon résumé de l’affaire.
Une une de Charlie Hebdo, parmi bien d'autres...

Moi – La peur est venue jusqu’ici, ensuite : exemple à Lyon. Des semaines durant, pour la conjurer, les vigiles du lieu où je travaille, furent sommés de nous faire ouvrir nos sacs à l’entrée tous les matins. Tous les matins, 1000 sacs à faire ouvrir (car il y a 1000 employé.e.s, là où je travaille) ! Ils en avaient ras le bol, et nous aussi. Et puis c’était d’un ridicule : ouvre ton sac. Voilà. Ben t’as rien vu de ce que je transporte, mais c’est pas grave.
Voilà la lutte anti-terroriste en France : rassurer les gens en imposant des corvées stériles aux vigiles.
Et ça fait depuis 1995 que ça dure ! Vigipirate, en permanence ! Et quand la menace, ou plutôt la peur, monte d’un cran, du coup, c’est « vigipirate renforcé », comme là.

La panthère des neiges : « Il est curieux, le monde des humains d’Occident, terré.e.s dans leur peur »

Moi – Oui. Il est curieux notre monde. Nous avons toujours peur des « autres ».

La panthère des neiges : « Comme moi par exemple … ne suis-je pas « autre » ? ».

Géronimo – Comme moi par exemple. Ne suis-je pas toi ?


La panthère des neiges : « Bonjour, cousin. Bonjour, ô valeureux guerrier que j’aspire à égaler. Ton courage espéré, est mon exemple préféré »

Oussama – Je ne comprends pas. Quel rapport entre moi et cet apache ?

Geronimo – Certes pas la fortune. Je n’ai jamais été fils d’un magnat d’Arabie Saoudite, contrairement à toi. Moi, j’étais chasseur pour les miens, ma seule fortune venait ainsi de mes mains.

La panthère des neiges : « Opération Geronimo, tel fut le nom donné à l’opération destinée à avoir ta peau. Voilà le lien entre vous ».

Moi – Curieuse analogie. Bâtie par un pays construit sur la peur.

Le président – Un bon indien est un indien mort.

La panthère des neiges : « Mes cousin.e.s, descendant.e.s des tribus liguées autour de Geronimo, ont réagit fortement en apprenant ceci : Le message "Geronimo-EKIA", contraction de "Geronimo, Enemy Killed in Action" ("Geronimo, ennemi tué au combat") a servi au commando des forces spéciales américaines de la Marine pour aviser la Maison Blanche du succès de l'opération. »

La voix off – C’est dit dans un article du monde (disponible là http://www.lemonde.fr/mort-de-ben-laden/article/2011/05/04/ben-laden-le-nom-de-code-geronimo-offense-les-indiens-d-amerique_1517043_1515627.html) : "L'utilisation déplacée d'icônes de la culture indienne est trop répandue dans notre société. Ses conséquences sur l'esprit des enfants indiens et non-indiens est dévastatrice", explique Loretta Tuell. Des initiatives de protestation sont en cours.

En juillet 2014, cette mère de famille tue 25 talebans lorsqu'elle se rend compte que ceux-ci viennent
de tuer son fils, policier, alors qu'il gardait un check point qu'ils attaquaient

Moi – Mais on n’en a pas fini, avec les USA. Regarde ce que je lis, là :

«  Leon Panetta a admis que la torture par l’eau autorisée par George W. Bush et appliquée en particulier à Khalid Cheikh Mohammed, à 183 reprises pendant le mois de mars 2003, a permis de récupérer des informations qui ont conduit à la cache de Ben Laden, en particulier le nom d'Abu Ahmed Al-Kuwaiti. »

A 183 reprises … et ils justifient cela par les informations récupérées sur la cache de Ben Laden ? Mais ce sont des … monstres !

Salomon – Ainsi, chacun.e est le monstre de l’autre. Pourtant, tou.te.s ont commis des actes inqualifiables. Aucune raison ne peut justifier la torture. Aucune raison ne peut justifier le massacre de civils, en Irak ou dans les tours du World Trade Center. Aucune raison ne peut justifier de tuer un humain comme un chien, qu’il s’appelle Oussama ou non.

Moi – Et curieusement, en fait, on peut voir que c’est du côté de « l’Occident », que sévit la loi du talion : lorsque Barack dit « Justice est faite », n’a-t-il pas une conception vindicatoire de la justice ?

La prison irakienne d'Abou Ghraib : construite sous Saddam Hussein et lui ayant servi notamment à torturer des centaines de kurdes, elle est reprise par les USA qui, en 2003 - 2004, y torturent leurs prisonniers de guerre : blessures sanguinolentes, actes sexuels forcés, coups et exactions, usage de l'électricité, de chiens, etc. Des photos prises sont communiquées par des soldats devant participer à ces tortures aux journalistes, et cela deviendra le "scandale d'Abou Ghraib".


La voix off – Conception commune avec celle des islamistes d’Al Queida : le cercle infâme de la vengeance n’a plus qu’à continuer à travers eux. Lisons :

« Al-Qaida a confirmé, le vendredi 6 mai 2011, la mort d’Oussama Ben Laden dans un communiqué diffusé sur les sites islamistes. Le Tehrik-e-Taliban Palistan avait promis dès le 2 mai de venger la mort du dirigeant d'Al-Qaida. Le mouvement revendique l'attentat du 13 mai 2011 à Shabqadar au nord-ouest du Pakistan qui tue plus de 91 personnes, surtout de jeunes recrues d'un groupe paramilitaire de police, et précise que l'attaque constitue une vengeance pour la mort de ben Laden ».

La panthère des neiges, soupirant : « Personne n’aura donc la baraka pour faire cesser cela ? »

La voix off – On dirait  que non. Mais après avoir parlé d’Oussama, nous allons vous parler d’Osama.
Elle, c’est l’oubliée de la grande histoire. Rendez-vous au prochain mail pour évoquer son parcours.

Moi – Mais avant le prochain mail, nous vous laissons quelques liens, ici et maintenant, autour de Geronimo l’apache (Oussama, lui, n’est que trop connu) :

-     sa vie et son œuvre par wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Geronimo
-     un site qui lui est spécifiquement consacré : http://www.kayakif.on-web.fr/geronimo/#

La voix off – Nous vous laissons aussi la présentation des travaux d’Ali Cheiban, qui connaît bien l’Iran, et probablement son voisinage (dont l’Afghanistan fait partie), pour y avoir consacré sa thèse.

Omaya, irakienne, chef de guerre contre Daesh, morte en 2014 au combat.
Elle était une stratège et une combattante redoutée de Daesh.

Ali Cheiban – Ma thèse, c’était en 1993. Elle s’intitulait « Comprendre la révolution islamique en Iran. Rapports problématiques entre la conscience religieuse, la conscience politique et la conscience de classe ». Je pourrais vous donner des cours, mademoiselle, sur les dynamiques que vous avez si grossièrement approchées au cours de toutes les pages ci-dessus rédigées.

Moi – Non vous ne pourriez pas, parce que vos cours, ils sont à Lyon 2, et que je suis interdite d’accès aux campus de Lyon 2. Ou alors, il faut me les podcaster …

La voix off – Bon. Les choses qui fâchent étant ainsi rappelées, je termine en vous laissant quelques articles en lien, également rédigés par Ali :


« La question des rapports entre le clergé chiite et la politique dans la révolution islamique en Iran. Esquisse d’une analyse du champ religieux », Les Cahiers du Gremmo, n° 4/1995, p. 41-55 (http://www.gremmo.mom.fr/cahie_gremmo/cahier04.html).
Et vous souhaitant bonne lecture si ses thématiques vous intéressent (après vous avoir asséné –chose terrible pour un lectorat composé majoritairement d’intellectuel.le.s, que dis-je, de véritables rats de bibliothèque- une quinzaine de pages nous-mêmes), je conclue la présente mise en scène, comme l’exige la coutume :


*** RIDEAU***



A bientôt pour le prochain numéro

La fille d'Omaya : quand on lui montre la photo de sa mère décédée :
Elle fait le V de la victoire.
Mais a-t-elle le droit, pour sa propre vie, de perdre ?
Pas d'unité nationale : contre Daesh, le fascisme vert, contre la vague bleue Marine - le fascisme brun, et ses multiples relais (notamment gouvernementaux), contre le manichéisme du "Patriot Act", unité mondiale.
Solidarité concrète avec celles et ceux qui luttent contre ces fléaux, en France et ailleurs.


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