Ligne D / Arrêt « Sans souci »
Le 21 octobre 2010, un vaste dispositif policier ferme entièrement, par surprise, la place Bellecour.
Enfermés : entre 600 et 700 manifestant.e.s venu.e.s participer à la manif pour la défense de la retraite à 60 ans prévue l'après-midi. Mais pour la police, la préfecture et le Parquet, orientés par le discours de Brice Hortefeux venu la veille à Lyon, ils n'ont pas des tronches de manifestants : ce sont des casseurs.euses. De jeunes racailles inciviles à passer au karcher.
Leur crime ? Etre jeunes, porter des baskets de certaines marques et des sweat à capuche, voire être basanés.
Alors que la police filtre - selon de nombreux témoignages - en laissant sortir les vieux, non vêtus de sweat - baskets et/ou non basanés, les présumées racailles sont emprisonnées pour une durée indéterminée sur la place.
Durant cette durée sans fin, nos jeunes camarades venu.e.s manifester subiront : lacrymogènes, mise en joue au flashball, aspersion au canon à eau (3 bars de pression), humiliations multiples, parfois insultes, et, enfin, contrôle d'identité pour pouvoir sortir, durant la soirée...celles et ceux qui n'ont pas leurs papiers sur eux auront droit à des prolongations en commissariat.
Pour la police, sur la place, il y avait uniquement des "casseurs", ils avaient laissé partir le cortège de manifestant.e.s prévu. Cortège qui n'est parti qu'après avoir subi des tirs de lacrymogènes, et qui scandait : "libérez nos camarades !".
Les critères selon lesquels la police a, ce jour-là, distingué qui était un.e "casseur.euse" et qui était un.e "manifestant.e" peuvent interroger...et devraient interroger les institutions policière et judiciaires elles-mêmes, pour peu qu'elles en aient la capacité.
Le collectif du 21 octobre, constitué d'une quarantaine d'associations, syndicats, organisations, a porté plainte en 2011 pour atteinte à la liberté des personnes et discrimination. La plainte est actuellement en cours d'instruction.


